Le musée de l’Institut des Sciences naturelles de Bruxelles présente deux projets d’art contemporain d’Adrien Lucca et Laure Winants dans ses galeries permanentes.
Développées en étroite collaboration avec les scientifiques de l’institut et inspirées par les recherches et les collections de celui-ci, ces œuvres vous invitent à porter un regard différent sur les questions environnementales.
Au lieu d’utiliser uniquement des instruments scientifiques ou des données, les artistes ont recours à la lumière, à la couleur et à des matériaux vivants pour explorer des défis écologiques tels que la pollution lumineuse, la santé des océans et l’impact humain sur les systèmes naturels. Les œuvres rendent visibles des processus invisibles et contribuent à transformer des questions scientifiques complexes en expériences que les visiteurs de tous âges peuvent voir, ressentir et discuter.
À PROPOS DES ŒUVRES & ARTISTS
Adrien Lucca – Les heures bleues
En collaboration avec les scientifiques Marko Ilic (Université de Ljubljana), Colas Schretter (VUB) et Aiman Ali Raza (INSERM)
Dans cette installation, Adrien Lucca explore la manière dont les insectes perçoivent la lumière différemment des humains. Il présente un jardin intérieur vivant éclairé par des systèmes LED sur mesure qui simulent les conditions crépusculaires. L’œuvre révèle comment les pollinisateurs nocturnes, tels que les sphinx (Deilephila elpenor), s’appuient sur les contrastes de couleurs entre les fleurs et les feuilles pour se déplacer et se nourrir, contrastes qui peuvent être perturbés par l’éclairage LED artificiel. En alternant les états d’éclairage, l’installation rend visible l’impact de la pollution lumineuse sur les écosystèmes pollinisateurs, à l’aide de plantes réelles et vivantes que les visiteurs peuvent observer de près.
Adrien Lucca (°1983, Paris) est un artiste et chercheur basé à Bruxelles qui travaille sur la lumière, la couleur et les systèmes vivants. Sa pratique couvre des installations, des sculptures lumineuses, des œuvres monumentales en verre, des dessins et des environnements hybrides développés à la croisée de l’expérimentation artistique, de la recherche scientifique et de la collaboration interdisciplinaire.
Travaillant dans des studios, des laboratoires, des ateliers de verrerie et des lieux publics, il étudie comment la lumière agit dans les environnements naturels et bâtis, et ce qui distingue la vision humaine de la vision animale. Ses projets combinent l’expérience sensorielle et des méthodes spectrales rigoureuses, développant des outils tels que des synthétiseurs de lumière et des modèles comme langage commun entre l’art, la science et l’ingénierie.
Laure Winants – Future Fossils
En collaboration avec les scientifiques Louise Delhaye, Michaël Fettweis et Jean-Philippe Beillard (l’Institut des sciences naturelles) et Raquel Leo Doval (Westerdijk Fungal Biodiversity Institute)
Future Fossils explore la manière dont l’océan peut laisser des traces matérielles de son état et de son histoire. Au cours de plusieurs expéditions en mer du Nord, Laure Winants a développé des papiers acido-sensibles et photosensibles capables de réagir directement à l’eau de mer. Lors de plongées dans la colonne d’eau, ces surfaces s’activent au contact de sa composition chimique, enregistrant les interactions au sein des écosystèmes marins. Les empreintes obtenues ne sont pas des images de la mer, mais des traces physiques laissées par elle. Elles font écho à l’origine de la vie sur Terre, dans les profondeurs abyssales de la zone benthique.
Au cœur de l’installation, une œuvre continue d’évoluer à l’intérieur du musée. Sensible à son environnement, elle réagit au fil du temps aux conditions d’exposition ainsi qu’à la présence des spectateurs, produisant peu à peu la trace d’un fossile du futur.
Laure Winants (°1991, Verviers) est une artiste visuelle et chercheuse basée entre Paris et Bruxelles. Sa pratique repose sur des collaborations transdisciplinaires à long terme avec des institutions scientifiques, à travers lesquelles elle explore les intersections entre l’art, l’écologie et les données environnementales. Elle a travaillé en étroite collaboration avec des équipes de recherche telles que le CNRS-LSCE pour étudier la pollution atmosphérique (microplastique, noir de carbonne) dans les Pyrénées (Albedo, 2021), le Laboratoire de volcanologie en Islande pour examiner les phénomènes naturels et anthropiques, notamment l’activité volcanique (Phenomena, 2022), et l’Institut Polaire sur la recherche polaire dans le cadre de son projet en cours Time Capsule (2022-2025), qui se concentre sur les bulles d’air explorées à travers le prisme de la lumière. Avec son nouveau projet Future Fossils, elle descend dans les abysses, collaborant avec l’océan. Mêlant narration anticipative, fiction et archives du vivant, elle traduit le temps profond en couleurs.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu: Le musée de l’Institut des Sciences naturelles, Rue Vautier 29, 1000 Bruxelles
Dates: À partir du 18 mars 2026
Heures d’ouverture:
Lundi: fermé
Mardi-vendredi: 9h30-17h00
Samedi-dimanche: 10h00-18h00
Billets: Bientôt disponibles via le musée de l’Institut des Sciences naturelles