Symbiotic Machines For Space Exploration

Ivan Henriques

L’être humain est aujourd’hui à l’origine de changements environnementaux à une échelle inégalée dans l’histoire de la planète. Les paysages anthropocentriques qu’il façonne entrainent la réduction de la biodiversité et la destruction des écosystèmes. Dans le même temps, nous faisons les premiers préparatifs en vue de créer des habitats sur la Lune et sur Mars, ce qui nécessite des avancées sans précédent dans les outils et technique d’écogénèse. Pour atteindre cet objectif ambitieux, les scientifiques et ingénieurs devront collaborer avec les artistes et designers, mais de quelle manière ? Le désir d’explorer des environnements en principe inhabitables nous force en tous cas à envisager une approche plus métabolique du design et de la science des matériaux. Symbiotic Machines for Space Exploration (SyMSE) est un projet d’art biologique qui explore le développement de systèmes autonomes, à la fois pour améliorer les écosystèmes terrestres et pour permettre la création d’une atmosphère sur d’autres planètes grâce à la photosynthèse artificielle. Le bio-drone C-DER, e-SEED et la sculpture cinétique BacterBrain représentent trois aboutissements du projet SyMSE et s’inscrivent dans la tradition des machines biologiques créées par Ivan Henriques.

BacterBrain 2018- 2019

Le projet BacterBrain envisage l’automatisation de structures robotiques fonctionnant grâce à la photosynthèse de bactéries. Cette œuvre explore le changement de paradigme causé en robotique quand un organisme vivant non humain – ici les bactéries photosynthétiques – trouve de nouvelles manières de se connecter et de contrôler la structure cinétique, remettant de ce fait en cause la manière dont un robot fonctionne. De quelle manière une structure robotique pourrait-elle se comporter, sentir et planifier, si elle possédait un « cerveau » contrôlé par des bactéries ? La structure cinétique, basée sur le concept de la tenségrité, change de manière autonome au gré des variations électriques du métabolisme d’un groupe de bactéries appelées « Rhodobacter sphaeroides ». C’est une combinaison de Rhodobacter sphaeroides et de permanganate de potassium qui fait fonctionner et contrôle la forme du modèle en tenségrité, le permanganate de potassium absorbant les électrons générés par le métabolisme des bactéries. Cette colonie crée donc une pile à combustible microbienne de photosynthèse qui génère l’énergie nécessaire au déplacement du modèle en tenségrité, et ce sont ces variations électriques qui causent les mouvements de la structure.

C-DR 2017- 2019

Le bio-drone C-DER puise son énergie dans la photosynthèse des micro-algues et utilise l’énergie collectée pour fonctionner. LeC-DER est conçu comme un essaim et a une double fonction. Tout d’abord, il est capable d’échanger des gaz avec l’environnement grâce à la photosynthèse des micro-algues, et tire son électricité de ce processus. Mais il vise aussi à revitaliser les environnements menacés sur Terre et à participer à la création d’une atmosphère sur d’autres planètes grâce à un système de semis intégré à l’appareil.